Mission accomplie pour des élèves autistes (Le Reflet - Édition 7 octobre 2006)
CANDIAC - Les élèves autistes de l’école Fernand-Seguin à Candiac
avaient de quoi se réjouir lors de la finale provinciale du Grand Prix
des boîtes à savon de Saint-Sauveur, le 17 septembre. Alors qu’ils ont
eu moins d’une semaine pour se pratiquer, ils ont complété leur
première course à vie dans les temps et ce, en utilisant le bolide
qu’ils avait construit dans le cadre d’un projet scolaire. “Je me suis
bien concentré et je suis heureux, car j’ai réussi de très belles
courses, raconte Christophe Élliott-Côté qui était accompagné lors de
l’événement de son frère Jérémie, aussi autiste. J’espère bien courir
encore au printemps.” Après un départ raté à sa première descente,
Marc-André Carrière était fier, pour sa part, d’avoir repris le
contrôle de son bolide pour sa deuxième course. “J’avais peur de
manquer mon coup de nouveau. Mais, je me suis fermé les yeux et je me
suis vu en train de réussir ma course. J’ai fait une très belle
descente”, se rappelle l’adolescent. De son côté, Jacques Beauchamp
était heureux de sa course et d’avoir été nommé capitaine de son
équipe. “J’ai participé à toutes les étapes du projet. J’ai développé
mon courage, ma patience et mon sens des responsabilités”, note-t-il.
Cet événement est la concrétisation d’un projet qui aura duré plus d’un
an pour la classe multi-niveau qui accueille des autistes, des
personnes atteintes du syndrome Asperger ou Gilles de la Tourette de 12
à 16 ans. Parti d’une idée d’Olivier Loiselle de construire une
voiture, rien ne laissait croire à leur professeure, Hélène Massé, que
ce projet mènerait les élèves à construire un bolide et à courser avec.
“Dans ces projets, on sait quand ça commence, mais pas où cela peut
nous mener”, résume-t-elle. Apprendre l’ouverture Structurer les
autistes et leur apprendre l’ouverture sur les réalités de la vie.
Voilà ce qu’a accompli l’enseignante qui n’est pas peu fière d’avoir
appliqué la pédagogie par projet. La méthode consiste à partir des
intérêts et des forces des autistes et de les mettre à profit dans un
projet de groupe. “Ça leur permet de canaliser leurs passions dans des
activités qui vont procurer du plaisir et les mettre en situation
d’apprentissage de la réalité” explique-t-elle. Ceci est
particulièrement important pour les élèves autistes qui ont tendance à
se renfermer sur eux-mêmes. Ils devaient, au contraire, s’ouvrir en
écrivant des lettres, en faisant des recherches et des appels pour
demander de l’aide ou du financement. “Tout devenait un prétexte pour
enseigner le français, les mathématiques et les sciences”, détaille Mme
Massé. Leur apprendre la souplesse a aussi été un objectif atteint par
la professeur. Par exemple, lorsque le bénévole Léo Brabant, qui aidait
au montage de la boîte à savon, arrivait à brûle-pourpoint, les élèves
devaient s’adapter à ce changement à l’horaire. Ces derniers ont même
pu apprendre à verbaliser leurs différences en expliquant leur projet
dans le cadre d’une journée portes ouvertes. “Une fois la glace cassée,
les gens les écoutaient, s’étonne celle qui estime que la population a
beaucoup à apprendre des autistes. C’est comme le mélange de culture.
Ça donne toujours quelque chose d’intéressant.” Certains élèves
autistes sont d’ailleurs maintenant intégrés dans des classes
régulières. Le projet qui se poursuivra cette année suscite déjà
l’intérêt des nouveaux de la classe. “Les jeunes ont hâte”, confie leur
enseignante.http://www.hebdos.net/lrd/archives/articles.asp?article_id=145763&chaine=autiste



